1er mars 2017 - 4e journée d'enseignement


Je sais, je sais, j'ai cadré trop serré. On perd donc mes yeux de temps à autre... mais j'étais pressé, la journée a été longue, je n'ai pas eu le temps de manger ce midi, Paulin Gohoungodji m'attendait à l'hôtel et je ne voulais pas le faire trop attendre... Ceci dit, j'ai eu 14 belles rencontres, les travaux des étudiants avancent bien et les présentations sont déjà demain. C'est fou comme ça passe vite.

28 février 2017 - 3e journée d'enseignement


Plus de 7 heures de cours aujourd'hui! Clip en direct de la terrasse du stationnement de l'Université, à la hauteur du 4e étage. En arrière-plan, on entrevoit l’église du Patriarcat Grec Orthodoxe d'Alexandrie (merci Charles Constantin pour l’avoir identifiée à distance). Après cette journée, je suis retourné au Grand Café, un des endroits où j'aime bien aller relaxer en soirée. J'étais accompagné du Prof. Boufeta, un des invités du département Culture, à qui j'ai fait découvrir ce lieu malgré le fait que ce ne soit pas sont premier séjour à Alexandrie. 

27 février 2017 - 2e journée d'enseignement


Très belle journée à l'université aujourd'hui: en matinée, cours avec des exemples concrets de plans de marketing social, puis atelier avec les étudiants du département Administration et Gestion en après-midi. Entre les deux, j'ai fait ce petit clip à l'extérieur cette fois. Derrière moi, la baie d'Alexandrie et la Citadelle de Qaitbay. Je me trouve donc à proximité de l'université et de la place El Gondy El Maghool, que l'on voit aussi en intro du clip.

26 février 2017 - 1re journée d'enseignement



Journée qui a commencé très tôt, à 6h30, après une nuit de 4 heures de sommeil, une marche vers l'Université Senghor (on voit l'édifice au milieu de la première image du clip), plus de 8 heures d'échange avec les étudiants des deux groupes, Environnement et Administration-Gestion, avec le nouveau Recteur, Thierry Verdel, des anciens étudiants... je dois vraiment dormir maintenant si je veux survivre à la deuxième journée!

Correspondance par Istanbul


J'ai décidé d'innover et de vous présenter des topos pour ce voyage à Alexandrie en vidéo. J'ai en effet un horaire très serré, des cours du dimanche 26 février au jeudi 2 mars, de 9h à 17h30, une soutenance de maîtrise pour un étudiant, une rencontre avec le nouveau recteur de l'Université Senghor, Thierry Verdel, beaucoup de corrections de travaux pour mes cours à l'Université de Montréal, à l'aller comme au retour... une semaine bien remplie quoi! J'attends vos commentaires!

De retour à l'Université Senghor, à Alexandrie, du 25 février au 3 mars 2017

Ce sera ma douzième présence à Alexandrie depuis décembre 2005. Invité d'abord par Christian Mésenge, alors directeur du département Santé de l'Université Senghor, j'y retourne cette fois pour un «programme double», avec des étudiants des départements Environnement et Gestion. J'y retrouverai avec plaisir Thierry Verdel, nouveau Recteur de l'université, que j'avais rencontré il y a quelques années, alors qu'il était directeur du département Environnement. Ce sera cependant un très court séjour, profitant de la semaine de lecture à l'Université de Montréal. Plus de détails sur mes séjours en Égypte en cliquant sur Publici-Terre à Alexandrie.

L'heure du bilan après dix ans de formation à l'Université Senghor

Vue de ma chambre à l'Hôtel Métropole, à Alexandrie.
Un autre voyage s’achève. Je suis en attente à l’aéroport du Caire, avec le sentiment du devoir accompli. J’aime ces expériences de formation à l’étranger. J’ai l’impression, au contact des gens de différentes cultures que je croise que je reçois autant que je donne. Un véritable partage.

Après toutes ces années dans le monde de la publicité, je connais bien toutes les facettes du plan marketing. Cela fait déjà plus de 40 ans que je réalise des concepts publicitaires et dès le début de ma carrière de travailleur autonome (à 18 ans), j’élaborais pour mes clients (la Ville de Brossard, Télécâble-Vidéotron et d’autres commerces de la Rive-Sud de Montréal) des stratégies marketing, médias et création. Cela fait aussi plus de 30 ans que j’enseigne la publicité à l’Université de Montréal.

En 1986, j’ai conçu une première affiche pour une cause : souligner les 25 ans d’Amnistie internationale. J’étais alors heureux d’utiliser mes connaissances en communication, non pas pour vendre un service ou un produit de consommation, mais une idée, une démarche sociétale, comme la nommait Jacques Bouchard, le père de la publicité québécoise. De fil en aiguille, j’ai travaillé sur des campagnes pour contrer le décrochage scolaire, favoriser le port de la ceinture de sécurité ou du casque à vélo, réduire la vitesse, condamner l’alcool au volant, prévenir les accidents de travail, dénoncer la violence faite aux femmes, protéger notre environnement… des changements de comportement!

Fort de toutes ces expériences, j’ai fondé il y a un peu plus de 20 ans,  Publici-Terre, une agence de communication virtuelle sans but lucratif, vouée aux causes humanitaires. En 2003, à l’invitation de Sylvain Desrochers, j’ai créé le cours Publicités sociétales humanitaires au Certificat en publicité, à l’Université de Montréal. C’est cette même formation que je donne à l’Université Senghor, à Alexandrie, depuis 2005, grâce à ma rencontre avec le Dr Christian Mésenge. J’arrive donc de mon dixième séjour en Égypte, mais je suis aussi également passé par Abidjan (Côte d’Ivoire), Bamako (Mali), Cayenne (Guyane française), Cotonou (Bénin), Kenscoff (Haïti), Le Moule (Guadeloupe) et Ouagadougou (Burkina Faso).

Prononçant une conférence en 2012 devant les directeurs, Christian Mésenge (Santé), Martin Yelkouni (Environnement) et Danièle Bordeleau (Gestion-Administration) et une soixantaine d'étudiants, sous l'œil attentif de Léopold Sédar Senghor, dans le cadre accroché derrière moi.
C’était ma sixième formation au Département Santé de l’Université Senghor. Les participants sont des médecins, des sages femmes, des pharmaciens, des professionnels de la santé ou de la nutrition. Ce «master» est donc offert à des adultes dont la moyenne d’âge oscille autour de 30 ans, avec une expérience de travail. Voilà pourquoi j’affirme que j’apprends aussi. En réalisant cette fois un plan marketing sur l’importance de se faire soigner dans des centres de santé (CDS) du village ou du quartier de différents pays d’Afrique de l’Ouest plutôt que de faire appel à la médecine traditionnelle, encore très populaire dans certaines régions, j’en connais ainsi davantage sur les us et coutumes de ces peuples séculaires. On trouve, par exemple, encore beaucoup de femmes qui accouchent à la maison, sans se faire suivre par le personnel de centres de santé.

Message en langue Éwé, langue maternelle des gens d'Hanygba
todji : Le dispensaire d'Hanygba todji - venez et revenez, encore
et toujours. Slogan : La clef de votre bonne santé.
L’organisme Urgence Afrique récolte donc des fonds afin de réaliser des projets de CDS dans des villages. Ensuite, il faut convaincre la population locale de s’y rendre pour s’y faire soigner, plutôt que se prodiguer soi-même des soins en utilisant souvent des médicaments de la rue, sans prescription. Beaucoup de morts sont liés à ces pratiques encore aujourd’hui. La morbidité infantile ou des mères qui donnent naissance à la maison est aussi élevée. Dans certains cas, la femme doit aussi demander à son époux ou à sa belle-mère si elle peut aller au CDS pour consulter, pour elle ou son enfant. Dire que ça a déjà été comme ça chez nous au siècle dernier. Ma grand-mère maternelle, mariée à un cultivateur, a eu au début du siècle dernier, 17 enfants à la maison, dont trois sont morts à la naissance…  Ma mère et quatre de ses sœurs, de la génération suivante, ont toutes accouché dans des hôpitaux, ayant entre 2 et 6 enfants, sans aucun mort.

Les étudiants ont donc été invités à réaliser un plan marketing pour un des six CDS soutenus financièrement par Urgence Afrique, en analysant les publics cibles primaires et secondaires, allant des femmes 15-34 ans à leur époux et les belles-mères, en passant par les chefs du village ou les chefs religieux. Comme la majorité d’entre elles sont analphabètes ou sont de langues maternelles autre que le français, il a fallu choisir des médias non traditionnels, comme des crieurs publics, du théâtre de rue, souvent joué sur la place du marché. Vous voyez ce que je veux dire quand j’affirme que je reçois tout autant que je donne! Ce sens pratique dans les communications locales de petits villages africains m’interpellent et m’amènent à songer à des nouveaux trucs dans mon environnement. Quand on y pense, ces médias de proximité africains fonctionnent comme les réseaux sociaux ici, c’est du bouche à oreille. Sauf que là-bas, ça ne se fait pas via des ordinateurs, des tablettes ou des téléphones, mais bien de personne à personne.

De très belles solutions ont été trouvées par ces professionnels de la santé qui n’avaient pourtant jamais fait de marketing. Mais comme ils sont dans un contexte de formation, dans une université éloignée de leur pays d’origine et qu’ils ne sont pas sollicités par autre chose que les cours qu’ils suivent ainsi pendant deux ans, ils sont disponibles, ils connaissent bien l’environnement, ils apprennent en quelques jours qu’est-ce qu’un tableau Forces-Faiblesses-Opportunités-Menaces, puis déterminent des cibles, des objectifs de communication et de marketing, un positionnement et un axe de communication en quelques jours, comme des pros! Ensuite, ils recommandent des façons de faire, rédigent les textes ou les scénarios, évaluent des coûts , proposent un échéancier… si bien que la plupart de ces projets seront envoyés à Urgence Afrique… sait-on jamais, plusieurs de ces plans marketing seront sans doute utiles.

J’oubliais. Tout cela se fait dans la joie. Travaux d’équipe, discussions constructives et présentations parfois très surprenantes, surtout quand on «joue» les scénarios proposés… Comme ces trois médecins, des pièces d’homme, qui nous ont interprété leur théâtre de rue mettant en scène une jeune femme éplorée qui crie sa douleur dans un marché, en accusant la sorcière qui a tenté de l’accoucher à la maison alors que sa voisine est bien portante, avec son enfant qu’elle berce doucement. Un drame malheureusement trop fréquent… mais comme on a ri en classe.

Pour en savoir plus sur une formation adaptée à votre problème, vous savez où me trouver, même quand je suis en Afrique!

Richard Leclerc
Concepteur-réalisateur

Causes? Toujours!